Pubblicata su “Revue d’Histoire Ecclesiastique” 3-4 (2024) 185-186
Cette publication est le fruit de nombreuses années de travail de quelques Filles de Marie Auxiliatrice (salésiennes), membres de l’ACSSA (Associazione Cultori di Storia Salesiana) -Italia. Les deux volumes, totalisant 1358 p., décrivent les activités menées dans 1173 maisons et communautés religieuses. Ils contiennent des dizaines de milliers de mots-clés indiquant les travaux réalisés par les religieux en Italie pendant 150 ans, de 1872 à 2022. Les maisons sont subdivisées par région dans l’ordre chronologique de leur première fondation : Piémont, Ligurie et Sicile dans le premier volume ; Vénétie, Lombardie et toutes les autres régions, à l’exception du Molise, dans le second. Il s’agit de l’aboutissement d’une recherche antérieure menée par Grazia Loparco et Maria Teresa Spiga (Donne nell’educazione. Le Figlie di Maria Ausiliatrice in Italia [1872-2010]. Documentazione e saggi, Rome, 2011). Elles y ont consigné les données de base de toutes les maisons fondées jusqu’en 2010, avec des statistiques sur toutes les FMA (Filles de Marie Auxiliatrice, salésiennes) réparties par région d’origine et par décennies. On en dénombrera environ 14 000 jusqu’en 2022. En outre, les noms des travaux ont été répertoriés et regroupés en onze macro-catégories. Ces catégories vont des plus explicitement éducatives (p. ex. la diminution de l’éducation dans toutes les variables) aux travaux réalisés pour répondre à des urgences temporaires (guerres, migrations, catastrophes naturelles, etc.). Les données sur les travaux ont été collectées pour les années marquant le début de chaque décennie (1880, 1890, 1900, etc.), de sorte que les changements survenus au cours des années intermédiaires de la décennie n’ont pas été pris en compte. C’est pourquoi il est apparu nécessaire de préciser la durée de chaque activité dans chaque maison, en tenant compte du fait que chaque communauté était engagée dans diverses activités éducatives. Cette reconnaissance offre ainsi au lecteur un très large éventail d’activités qui, du nord au sud, ont suivi l’évolution variée et asymétrique du pays, en répondant aux besoins éducatifs, particulièrement ceux concernant la jeunesse féminine des classes ouvrières. Les noms et les dates sont plus que de simples chiffres ; ils portent l’empreinte des choix mûris au fil du temps. Ces données sont disponibles pour diverses études, permettant de vérifier l’incidence réelle de l’éducation salésienne sur de grands groupes de jeunes filles, formées en tant que « bonnes chrétiennes et honnêtes citoyennes » (« buone cristiane e oneste cittadine »). Dans chaque maison, identifiée selon le profil civil et ecclésial, ainsi que dans chaque région, s’ouvre un scénario à contextualiser au sein de la complexité non seulement socioculturelle et économique, mais aussi religieuse et éducative. La principale source de données a été la série annuelle des Elenchi generali dell’Istituto delle Figlie di Maria Ausiliatrice. Actuellement, en Italie, il n’y a aucune attention particulière accordée à la publication de données analytiques à large portée diachronique et géographique concernant une institution éducative. Pourtant, une telle reconnaissance des sources, par sa portée étendue, révèle des ressources insoupçonnées pour l’histoire sociale, éducative et religieuse du pays, saisie dans sa diversité régionale, depuis le Risorgimento jusqu’à aujourd’hui.
Dries Vanysacker
